Union Locale CGT de Tourcoing

Votre force pour l'avenir

« la perle du jour » (11) du 06/06/2017

Chronique à peu près quotidienne de la lutte des classes vue de notre Union Locale CGT

La sonnerie de notre téléphone (rouge) retentit il y a une semaine environ. Le salarié au bout du fil est mis à pied conservatoire. On est dans l’imprimerie, un secteur où les coups tordus pour virer l’ouvrier sont aisés à mener. Là, on lui reproche d’avoir « saboté » sa machine. Pour lui, c’est un coup du chef machines, l’homme du patron, qui ne peut pas le piffrer, du fait que notre homme l’ouvre facilement et ne se laisse pas impressionner.

On entre dans le détail. Le gars a tous les éléments de preuve de son innocence. L’entretien préalable a lieu une semaine plus tard. Peut-il se faire accompagner par un de nos conseillers du salarié ? Non, il y a des institutions représentatives du personnel dans la boîte. Il ne peut se faire accompagner que d’un salarié de la boîte. On lui demande : « Il est comment le délégué du personnel ? ». Il répond : « C’est le chef machines ». Ah !

Question subsidiaire : « Il est aussi délégué syndical ? ». Oui nous apprend-on, il est FO. On engage une discussion sur ce qu’est (ou doit être) le syndicalisme. Là, le gars nous dit sa confiance dans la CGT… mais il est à FO lui aussi ! « Le délégué a syndiqué toute la boîte en nous promettant monts et merveilles, c’est un filou ! ». Bon, voilà, alors on lui dit de se faire accompagner par un collègue en qui il a confiance. Il en a un sous la main. Et il est confiant car il a toutes les preuves de son innocence entre les mains, et la rumeur court qu’il ne sera pas licencié et que sa mise à pied sera levée (et de fait payée).

Aujourd’hui, la sonnerie de notre téléphone (rouge) retentit. C’est le gars. Il est dans le bureau du boss. « Je suis dans le bureau avec mon collègue, qui m’accompagne. Et en face il y a le patron, il est accompagné aussi ». C’est normal lui répond-on avec cette neutralité proverbiale dont nous sommes capables face à la rectitude de la loi qui est dure mais c’est la loi. « Oui mais il est accompagné par le délégué FO, c’est normal ça ? »

Face à une telle flagrance de collaboration de classe, nous demandons au salarié de mettre le haut-parleur de son téléphone en marche (sic), et nous disons notre façon de voir à la fois au patron et à son délégué syndical. Grand moment. C’est grâce à ces petits plaisirs quotidiens que nous gardons cette bonne humeur qui fait de notre Union Locale un endroit où il fait bon rire.

En sortant de l’entretien le salarié nous rappelle : « Je sais pas ce que ça va donner, mais rien que pour avoir pu voir leurs tronches déconfites et leur gêne quand tu leur as parlé, ça valait le coup ! »

 

C’est beau le dialogue social non ?

Updated: 6 juin 2017 — 20 h 51 min
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