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Deux mois après la grève au bistrot La Duc d’Havré, les lettres de licenciement …

Deux mois après la grève au bistrot La Duc d’Havré, les lettres de licenciement

Début février, les trois employés du café La Duc d’Havré, Grand-Place, s’étaient mis en grève : leurs salaires n’avaient pas été payés. Deux d’entre eux ont reçu vendredi leurs lettres de licenciement.

Nathalie, Xavier et Christophe ont continué à faire tourner le bistrot alors qu’ils n’avaient plus de nouvelles de leurs patrons.
Deux mois après leur piquet de grève, le couperet est tombé : deux des trois employés du bistrot La Duc d’Havré ont reçu leurs lettres de licenciement. Mis à pied durant une semaine, Christophe a été convoqué à un entretien préalable : « J’ai préféré y aller seul car je n’avais rien à me reprocher. C’était une erreur. »

« Quand on faisait tourner le café en leur absence, sans jamais rien demander, ils n’avaient rien à nous reprocher. »

L’un des patrons (deux associés désormais en désaccord, l’un d’eux souhaitant vendre le café, NDLR) lui reproche une « faute grave ». « Il m’accuse d’avoir piqué 6 000 euros dans la caisse, en un mois ! C’est totalement fantaisiste ! Je suis catalogué dans toute la ville de Tourcoing, alors qu’on a fait tourner son café en son absence, sans jamais rien demander… À ce moment-là, les patrons étaient contents, ils n’avaient rien à nous reprocher. »

Lui y voit surtout une « vengeance personnelle » : « Il a trouvé une combine pour se débarrasser de moi », assure Christophe, car à la suite de la grève, « la réputation du café en a pris un coup. » « Certains clients ne veulent plus venir, ils trouvent tout cela inadmissible. Le patron met tout sur le dos de son cogérant et de ses deux derniers employés. » Avec le soutien de la CGT, Christophe entend contester son licenciement aux prud’hommes. Depuis février, les sommes dues ont été payées… seulement partiellement : « Il me doit encore l’équivalent d’un salaire. »
« Partir la tête haute »

Sa compagne, Nathalie, en arrêt maladie au moment de la grève, travaille toujours au café, mais seulement à mi-temps. « Le patron m’a dit d’arrêter de parler et de me mêler de mes affaires. Je sais bien qu’il attend que je fasse une erreur, ou que je démissionne. Je viens travailler avec des pieds de plomb… » Deux nouveaux employés ont été embauchés.

Face à ces difficultés, le couple a pu compter sur l’aide de la ville de Tourcoing. « On a des chèques-repas du CCAS pour faire des courses et des colis alimentaires du Secours populaire, détaille Nathalie. On doit refaire une demande. On a aussi eu un prêt à taux zéro, qu’on rembourse. »

Le moral au plus bas, tous deux n’attendent qu’une chose : « qu’il paye ce qu’il doit », pour ensuite « partir la tête haute » et enfin « tourner la page ».

Nous avons contacté l’un des patrons, qui n’a pas donné suite.

Historique : https://www.facebook.com/pg/CGTourcoing/photos/…

http://www.nordeclair.fr/…/deux-mois-apres-la-greve-au-bist…

Updated: 9 avril 2017 — 9 h 30 min
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